DOCUMENTAIRE(S) SUR GRAND ÉCRAN
DU 13 AU 17 MAI 2008

Gute Nacht, le 102 et le Méliès se sont associés pour fêter les 15 ans de l'association Documentaire sur Grand Écran et vous invitent à découvrir ou à revoir six films marquants du cinéma documentaire choisis dans leur catalogue (parmi 230 films).

Depuis 15 ans, Documentaire sur Grand Écran milite et travaille à faire vivre sur les écrans de cinéma, des films documentaires trop rarement vus; des films qui questionnent autant le monde qui nous entoure que la manière de le raconter. Parce que chacun à sa manière, Gute Nacht, le 102 et le Méliès œuvrent dans cette direction, il nous a semblé évident de créer et de participer à cet événement.
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Infos pratiques
Chaque jour, dès 19h30
Parce que le cinéma s'invente aussi lors de discussions endiablées autour d'une assiette et d'une bonne chope, nous vous invitons dans le jardin du 102 dès 19h30 ou après les projections pour un savoureux repas à petits prix (avec des produits locaux et bio)…
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Le 102 / 102, rue d'Alembert 38000 Grenoble
Une séance 5€ – pass semaine (5 soirées) 20€
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Cinéma Le Méliès / 5, rue de Strasbourg 38000 Grenoble
Tarifs habituels entre 4€ et 6€
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Mardi 13 mai / 102 / 20h30
La bête lumineuse
De Pierre Perrault (Canada, 1983, 16 mm, couleur, 127')

Un groupe d'hommes - des vrais - en quête d'un animal mythique du Canada, l'Orignal, se retrouve chaque année, dix jours durant au milieu de la forêt, laissant loin derrière eux, leur train train quotidien et leur famille.
De la mise en place des stratégies de chasse, aux longues stations dans la nature jusqu'à la démesure des repas et beuveries de fin journée, Pierre Perrault les suit caméra au poing sans jamais tomber dans les pièges du folklore et de l'anecdote : il nous propose ainsi, plus un film sur l'amitié virile, la poésie et les relations de pouvoir au sein d'un groupe qu'un film sur la chasse.
C'est ce qui est beau dans le cinéma et particulièrement dans ce film : se retrouver immergé là où on n'aurait jamais osé aller et rencontrer, ainsi, l'Extraordinaire… la bête lumineuse.
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Semaine des Réalisateurs, Cannes 1983
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des photos et un extrait (mauvaise qualité)
critique du film par le CC-Caen
un entretien, 20 ans après, avec Stéphane-Albert dit "le poète", un des protagonistes principal du film
un article intéressant sur Pierre Perrault et son œuvre
un autre article intéressant sur Pierre Perrault et son œuvre
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Mercredi 14 mai / 102 / 20h30
Dîtes à mes amis que je suis mort
De Nino Kirtadzé (France, 2003, Beta SP, couleur, 87')

En Géorgie, les vivants continuent de vivre avec leurs morts. Les cimetières s'improvisent en lieux de rencontres et de repas, les morts en devins - le temps d'une confidence ou d'un conseil. Ils ne manquent de rien : téléphone portable et ordinateurs s'inscrivent dans le paysage funéraire comme la chose la plus naturelle du monde.
Dans le discours comme dans les actes, tout est fait pour que le lien entre les morts et les vivants soit maintenu, magnifié, mis en scène. La cérémonie finale de l'enterrement prend alors des airs d'une Commedia dell'arte : tout y est exubérant, excessif.
Ce film, en aucun cas lugubre, est conçu comme un récit surréaliste et pictural qui nous raconte l'étrange cohabitation de deux univers : celui du réel et de l'irréel, celui des vivants et des morts.

En présence de Laurence Connan de Documentaire sur Grand Écran
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FIPA D'OR 2004
Prix Marcorelles au Cinéma du Réel 2004
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fiche du film
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Jeudi 15 mai / Le Méliès / 18h
Le voyage perpétuel
DAnastasia Lapsui et Markku Lehmuskallio (Finlande, 2007, 35mm, couleur et N&B, 78’)

La vie quotidienne des Nenets dans la toundra du Grand Nord est à nouveau le matériau de ce film, le dernier de nos deux cinéastes. Mais, comme s’ils en avaient tiré toute la matérialité par leurs films précédents, ils en font ici la substance presque irréelle d’une ample méditation silencieuse sur la présence des hommes dans ce désert de glace.
Une méditation sur l’essence de cette vie emportée régulièrement ailleurs par les saisons, par le lien charnel au troupeau. Une vie entièrement vouée à une rudimentaire survie, mais où chacun de ces actes élémentaires (manger, s’occuper des bêtes, monter la yourte, faire bouillir l’eau pour le thé) semble un geste sacré dans ce grand rituel engagé entre l’homme et la nature.
Tourné en noir et blanc, ce long poème élégiaque chante la lente disparition d’un peuple à travers celle de sa langue, de sa culture. Mais, en parsemant ce lamento cinématographique de signes appartenant à la mythologie nenet, Markku et Anastasia impriment pour nous sur l’écran l’éternité et l’universalité de ce mythe de la création du monde.
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Sortie Nationale, inédit en France
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Fiche du film
critique du journal Le Monde
critique du journal Libération (et oui…)
critique du site Cinema-France
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Jeudi 15 mai / 102 / 20h30
Un dragon dans les eaux pures du Caucase
De Nino Kirtadzé (France, 2005, Beta Sp, Couleur, 90')

L'histoire d'un tranquille village cerné par les ondulations du Caucase, au fond de la Géorgie que vient déranger la construction d'un oléoduc…
Son arrivée fait l'effet d'un coup de pied dans la fourmilière et sème la zizanie dans le village. Que faire face ‡ l'immense projet de British Pétroléum (BP), soutenu par l'Etat géorgien et auquel "les… États-Unis tiennent beaucoup", quand on est des gens simples et pauvres.
Et dans ces verts pâturages qui ressemblent tant ‡ la Suisse, Nino Kirtadzé a réussi ‡ capter des moments savoureux, les engueulades publiques, les palabres au détour d'une rue, une parodie de procès... Elle décrit avec un rare talent de dramaturge le combat d'un petit village face à un gros dragon international, puissant et influent.
Le film qu'elle en a tiré est une comédie humaine effarante au suspense digne d'un thriller.
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Grand Prix, Visions du Réel 2005, Prix European film academy documentaire
Prix ARTE 2005, Prix du meilleur projet voyage/découverte, Sunny Side 2004
Prix Europa 2005.
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critique du journal Libération
(encore…)
site Colisee
une carte géopolitique de la Géorgie
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Vendredi 16 mai / 102 / 20h30
La terre des âmes errantes
De Rithy Panh (France, 1999, Beta SP, couleur, 100')

En 1989, commencent les travaux de pose du premier câble de fibres optiques en partance de l'Europe pour relier la Chine et toute l'Asie du Sud-Est au réseau Internet.
Rithy Pahn suit des mois durant, ces travailleurs payés au mètre de tranché creusée et nous montre ainsi l'envers du décors de la construction de cette autoroute de l'information qu'on nous dit si souvent virtuelle mais qui dans la réalité est faite de sueur et de sang.
Il choisit de filmer ce chantier pas dans n'importe quel pays : le Cambodge où les pioches des travailleurs rencontrent parfois les mines oubliées et la présence obsédante de ces millions de morts des guerres passées dont l'âmes "errent" harcelant les survivants, faute de sépultures.
Rithy Pahn est le réalisateur du ô combien fameux "S21" sur un camp d'extermination khmer rouge (1999)... plus récemment, on a pu voir sur les écrans "Le papier ne peut pas envelopper la braise" (2007).
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Grand prix  et Prix Louis Marcorelles - cinéma du Réel 2000 (France)
Prix TSR au  Festival Vision du Réel de Nyons  (Suisse)
Prix du meilleur documentaire - Festival Dei Popoli de Florence (Italie)
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Fiche du film
présentation du cinéaste et de ses films
longue et intéressant entretien de Rithy Pahn pour la sortie de "S21"
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Samedi 17 mai / 102 / 20h30
Herman Slobe, l’enfant aveugle #2
De Rithy Panh (France, 1999, Beta SP, couleur, 100')

Herman Slobe est un enfant aveugle que Johan Van der Keuken a rencontre dans une institution.  La forte personnalité d'Herman se double d'un rapport exceptionnel ‡ la jouissance. Les aveugles apparaissent souvent comme des êtres introvertis, celui-ci s'éclate en permanence que ce soit dans une recherche sonore éperdue ou dans d'autres challenges.
En bon cinéaste, Johan van der Keuken intègre la force d'un tel désir : Herman devient le reporter du film, change de rôle, n'est plus objet.
Certainement l'un des films les plus forts, les plus justes de Johan van der Keuken.
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Fiche du film
À propos de Johan Van der Keuken
site de la très belle revue de cinéma Dérive
archive du Monde Diplo
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+ concert-performance
Ombre_ext (France)
Pascal Battus microphones de guitare
Christophe Cardoen machines de lumières

On finit cette semaine de projection par une performance qui nous tient à coeur : une expérience de cinéma sur la rétine. Ces deux-là ne savent plus comment leurs chemins se sont croisés, mais la rencontre est évidente.
Pascal Battus a désossé sa guitare (pour ne garder que les micros) et Christophe Cardoen, les lampes du 102 qui se trouvaient là. Puis, ils ont continué à ramasser tout ce qu'ils trouvaient là… L'un crée des masses bruitistes électroniques pendant que l'autre l'éclaire, le transformant en un hélicoptère sous stromboscope… Et nous spectateurs, on ne sait plus si on regarde un concert étonnamment mis en lumière ou une expérience de cinéma mis en musique lorsque se dessinent sur nos rétines ces lignes lumineuses…
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